Jade t’a d’abord proposé d’extérioriser ta colère et de la hurler pour l’accepter. Aujourd’hui, découvre ce que nous écoutons quand la fureur sourde n’en finit plus de gronder et qu’un peu de douceur dans le torrent volcanique n’est pas de refus. La colère peut aussi te bercer.
Qui a décidé que « colère » rimait forcément avec cris et violence ? Bien sûr, les manifestations physiques de la colère sont parfois instinctives et incontrôlables (l’expression « se fâcher tout rouge » ne vient pas de nulle part), mais il est tout aussi indéniable que chacun-e exprime et extériorise ses émotions à sa manière. Personnellement, j’étais une enfant extrêmement colérique, et ma façon d’extérioriser était d’exploser et de crier. Je voulais frapper. On me disait de me retenir. Alors je serrais les poings. Et finalement, je pleurais de frustration à force de me contenir. Avec le temps, j’ai appris, et j’apprends toujours, à canaliser cette rage pour l’utiliser à meilleur escient. Il ne s’agit pas de me calmer. Ou de la calmer. Mais parfois, écouter ma colère fait du bien. Essayer de la comprendre fait du bien. Parfois, simplement pleurer fait du bien. Beaucoup de personnes de mon entourage – surtout des femmes – ne manifestent pas leur colère en utilisant la force, le bruit, la violence. Et m’en rendre compte a été une bouffée d’air frais. Une lumière au bout de mon tunnel de phalanges blessées et de cris énervés. Comme si je pouvais enfin la ressentir autrement. Parce que, parfois, être en colère en douceur est tout aussi puissant.
Tracklist :
- Thom Yorke – Suspirium
- Pomme – On brûlera
- Marina and the Diamonds – I Am Not a Robot
- Koudlam – Sunny Day
- Julia Jacklin – Body
- Fuzeta – Dive
- Willow – Overthinking IT
- Willow – Waves of Nature
- Mew – Comforting Sounds
- Pomme – Une minute
Pour celles et ceux qui préfèrent Spotify, c’est par ici.
Image de Une : Sakuran, réalisé par Mika Ninagawa, 2007. © Eurozoom